Catégories Le Blog

Introduire un nouveau chat dans la maison


Comment faire pour que le chat de la maison et votre nouveau chat s'entendent bien ?

Évidemment que vous l’adorez Poupoune ! Vous n’avez d’yeux que pour elle et pourtant… Et pourtant un jour, alors que vous tombiez sur le 1001e post partagé par votre copine qui relaye chaque info des refuges animaliers de la région, le petit démon des Mais-comme-il-a-l’air-trop-choupi-celui-là s’est fait une petite place dans votre tête. D’abord vous avez feint de l’ignorer mais, ah quand même… Ensuite vous avez tenté de l’intimider avec une bonne séance de ronrons de Poupoune à qui, finalement, un petit peu de compagnie ne ferait pas de mal non ? Et puis comme c’est quand même bien malheureux qu’il y ait des chats sans maison, et que quand il y en a pour un il y en a pour deux, et que tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise, bref, chérie.e c’est décidé on va avoir un autre chat !

Finalement ce n’était pas si compliqué, maintenant reste à mettre toutes les chances de votre côté pour que la cohabitation se passe bien. Ben oui sinon Poupoune va vous haïr. Mais non ? Mais si. Et tout simplement parce qu’en tant que chat elle est, par défaut, solitaire, indépendante et territoriale. Voilà. Donc, il faut quand même avoir conscience qu’introduire un nouveau chat n’est anodin ni pour celui qui est déjà là ni pour celui qui arrive. C’est pourquoi, afin que la rencontre se fasse dans les meilleures conditions, nous vous proposons une petite feuille de route des différents points à considérer avant de franchir le cap.

Nouveau chat et chat de la maison : les indices de compatibilité

Des sujets les plus évidents à ceux qui demandent un peu plus d’observation ou d’investigation, chacun des aspects suivants doit être abordé pour évaluer les facteurs de réussite, ou pas, d’un éventuel futur partage de territoire. Chaque point devra donc être étudié du côté du chat de la maison, comme de celui du candidat à l’installation.

Mâle ou femelle ?

Dans la « vie sauvage », les groupes de chats – déjà peu répandus de par la nature indépendante de l’animal – seraient plutôt composés de femelles ayant un lien de parenté entre elles et de leur descendance respective. Pour autant à ce jour, aucune étude n’a démontré d’influence directe sur l’entente, ou pas, de chats stérilisés de genres différents. Non stérilisés c’est une autre affaire, d’où le point suivant.

Stérilisé.e ou tout équipé.e. ?

Si l’arrivée d’un nouveau est envisagée avec un projet d’élevage tout bien cadré, il va de soi que la question ne se pose pas. Si ce n’est pas le cas, il est bon de noter qu’en plus de vous éviter une nuée régulière de portées non désirées, le fait que l’ensemble des chats en présence soient stérilisés est propice à une meilleure entente. Les matous, alors libérés des titillements intempestifs de leurs hormones sexuelles, sont moins enclins à la bagarre ou aux luttes de territoires, et c’est tout de suite plus simple.

Existe-t-il un lien de « parenté » entre les chats ?

Il ressort que les chats issus d’une même portée développent, à l’état naturel comme en tant qu’animaux de compagnie, des comportements réellement fraternels entre eux mais pas forcément envers les autres. Si le nouveau est un chat additionnel, évidemment cette considération perd un peu de son sens mais pour le cas où vous souhaitiez dès le début accueillir plusieurs chats, pensez fratrie !

Quel état de santé ?

Si le chat de la maison est en petite forme, il est fermement conseillé de ne pas introduire de nouveau chat. En effet, déjà en proie à une situation d’insécurité, un chat affaibli ou blessé pourrait alors avoir un surcroit de stress lié à cette présence étrangère, et un peu intrusive quand même.

En ce qui concerne l’arrivant, c’est une autre question. Il y a mauvaise forme – le chat qui a besoin de se remplumer et d’un bon check-up pour repartir comme en 40 – et mauvaise santé – le chat atteint d’un virus, porteur de handicap…-. Et là c’est un vrai parti-pris, et une décision très personnelle, que de souhaiter accueillir un chat en mauvaise condition.

Quels âges ?

On pourrait avoir tendance à penser qu’un petit jeune apporterait un peu de peps à notre ChaChou vieillissant mais les chats ne sont généralement pas du même avis. Leur propension à jouer n’étant pas branchée sur la même fréquence, la situation peut rapidement créer agacement d’un côté et frustration de l’autre.

S’il y a un ancêtre dans la maison, quitte à se poser la question du nouveau, autant l’aborder au pluriel ! Deux chatons ou deux « chados » joueront ensemble pendant que Papy pourra profiter tranquillement de sa 22e heure de sieste.

Quels caractères ?

La personnalité de chacun est naturellement une donnée majeure. En présence de deux timides, on peut se dire qu’au mieux ils chercheront à établir un lien de confiance ou, au pire, ils passeront leur vie à s’éviter. En revanche, avec deux fifous, ça peut rapidement faire des étincelles.

Évidemment il n’y a pas de règle stricte mais, pour que tout le monde trouve sa place et qu’elle soit confortable, mieux vaut s’arrêter un peu sur ce point. L’aptitude à accueillir le changement, les nouveautés, la sociabilité… tous ces facteurs sont à prendre en compte.

Mais qu’ont fait leurs parents ?

La période entre les 2 et 8 mois de la vie du chat est cruciale sur de nombreux points dont la sociabilisation. Un chat habitué depuis tout petit à en côtoyer d’autres, de la même portée ou pas, aura plus de facilité à s’accommoder d’un nouvel arrivant.

Quels sont les antécédents en matière d’interaction avec d’autres chats ?

Il suffit d’une seule mauvaise expérience avec un congénère pour qu’un gros matou soit effrayé à la simple vue de l’ombre d’une moustache. Ainsi, il convient de prêter attention à ce que l’on sait ou peut apprendre de chacun des futurs « colocs ». De la même façon, pour se faire une idée, on scrutera le comportement du chat de la maison vis-à-vis des autres lorsque, s’il a accès à l’extérieur, il croise un autre membre de son espèce.

Ma maison me permet-elle d’accueillir un nouveau chat ?

Les chats aiment à avoir leur petit confort, tout le monde sait cela. S’ils se débrouillent assez bien tous seuls pour se trouver de douillettes planquettes ou transformer nos beaux meubles en planches à gratter, en revanche c’est à leur humain de gérer l’organisation des coins restauration et aisance.

Les gamelles pour la nourriture, les bols d’eau, les litières, les paniers, les jouets… tout ce qui peut s’apparenter à un bien propre au chat est potentiellement quelque chose qu’il n’aura pas envie de partager.

Cela peut évoluer mais, au moment de l’introduction du nouveau chat dans la maison, il est vivement recommandé que chacun ait ses propres accessoires dans un coin séparé. De plus aucun rebelle ne doit pouvoir en empêcher l’accès à son petit copain.

Si à cela on se permet de rappeler que la litière n’est pas appréciée quand elle est trop proche du coin nourriture, on aura vite fait passer le message que nouveau chat = nouvel espace de la maison à dédier à ce chat.

Et moi, suis-je vraiment prêt.e pour un chat supplémentaire à la maison ?

En l’occurrence, si vous êtes arrivé.e jusqu’à la fin de cet article c’est que vous vous posez sérieusement la question et que oui, quand même, vous vous y voyez plutôt bien. Mais mais mais, on ne pourrait avoir traité entièrement le sujet sans en passer par là, donc on y va !

La question essentielle est : ai-je vraiment le temps, l’espace et le matériel nécessaires pour proposer, à tous mes chats, un accueil dans de bonnes conditions ?

Ensuite vient la très pragmatique : vais-je pouvoir subvenir à tous leurs besoins ? On parle là de nourriture mais aussi d’entretien, des soins réguliers et préventifs, des bobos, des maladies, des solutions de garde pour les vacances…

Et enfin, vais-je être en mesure de donner à chacun la juste attention dont il a besoin ? Deux mains, deux genoux et x chats à papouiller, faire jouer, brosser…

Vous avez coché oui à tout ? Banco, c’est parti pour l’aventure !

Évidemment votre vétérinaire est un allié précieux dans cette démarche. Son approche comportementale d’une part, et les bons plans adoption dont il est informé d’autre part, vous aiguilleront pour former la bonne équipe. Et une fois l’élu trouvé, une petite consultation pour aborder la mise en relation pratique entre les deux chats pourra vous épargner les désagréments d’une période quelques fois bien longue et semée d’embûches…